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LIVRE D’ELVIO SEGATTO

 

« DE CATUSIANICAS A CHATUZANGE LE GOUBET, DEUX MILLE ANS D’HISTOIRE » ECRIT PAR ELVIO SEGGATO


Il a fallu le jour du repas des aînés en 2007 et une simple boutade du maire Christian
GAUTHIER pour qu’Elvio SEGATTO entame la rédaction de ce livre passionnant sur l’histoire et la mémoire de notre commune et de sa contrée.

L’auteur-historien a pu sensibiliser un large public en contant les faits historiques (le passage d’Hannibal sur nos terres, l’invasion romaine, les routes du commerce…) ou anecdotiques qui ont marqué la commune (l’utilisation du tram, le château de Pizançon devenu le pensionnat de Notre-Dame en 1910, photo souvenir de la classe 1912 …).

Le livre est en vente au prix de 10 euros T.T.C. à l’accueil de la mairie. Une bonne idée de cadeau !

Elvio Segatto a cédé ses droits d’auteur à la commune et la recette des ventes du livre est intégralement reversée au Centre Communal d’Action Sociale.

 

TÉMOIGNAGE DE L’AUTEUR

Dans son prologue, Elvio Segatto nous confie :

« C’est un jour d’avril 2007 au cours du traditionnel « Repas des Aînés » de Chatuzange que le maire de notre commune, Christian Gauthier qui avait gardé en mémoire l’histoire de Pizançon publiée dans quelques numéros de Pa-Pi-Gou-Cha, (Papelissier-Pizançon-Goubet-Chatuzange) le modeste trimestriel de la commune de Chatuzange des années 1995, m’a demandé presqu’en plaisantant, d’enrichir les archives de la mairie en essayant de réunir le maximum de faits et anecdotes historiques pour tenter de reconstituer et faire connaître à nos concitoyens, l’histoire de la commune. Je lui ai demandé de m’accorder au moins « deux mois » pour pouvoir mener à bien ce que je croyais être un petit travail.

Et… vous trouverez dans ces pages le résultat de plus de 18 mois d’affrontements homériques entre un néophyte de 85 ans et un ordinateur, presque son contemporain !! Soit … plus de 170 pages laborieusement et passionnément remplies en frappant chaque touche du bout d’un doigt comme les gendarmes…d’autrefois. Puis, pour en égayer la lecture, j’ai eu la malencontreuse idée d’y incruster une centaine d’images, lesquelles se jouant de mon inexpérience informatique, jouaient à cache-cache, allant se balader n’importe où, au gré des corrections ou des rajouts de textes.

Comment peut se débrouiller un ancien de la chaussure quand on lui demande de jouer les historiens bénévoles ? Hé bien… il essaie de procéder comme les vrais historiens, commençant par fréquenter les médiathèques, les archives locales et départementales, à déchiffrer tant bien que mal les grimoires, à dérouler les rigides et fragiles parchemins et surtout à recopier patiemment, ce que d’autres ont écrit bien avant lui. Il lui faudra trier et écarter les longs détails aujourd’hui surannés, décoder les incompréhensibles tournures verbeuses des clercs et notaires d’autrefois, ignorer les événements mineurs, nationaux et régionaux survenus trop loin de nos terres. Toutes ces sélections dans le seul but de proposer aux lecteurs de tous âges, un texte « grand public » une Histoire de Chatuzange épurée, facile à lire et assimiler, qu’au moins chacun pourra partiellement garder en mémoire.

Si pour vous cher ami lecteur, j’ai atteint au moins un de ces objectifs, je n’aurai pas en vain perdu ma peine et mis à mal mon système nerveux ».

 

REMERCIEMENTS DU MAIRE

En réponse à son prologue, Christian GAUTHIER remercie Elvio SEGATTO,

en son nom et au nom de tous les habitants de la commun « d’avoir permis de connaître nos origines, de nous enraciner à cette terre, à ce pays, à cette commune ».

En préface, le maire explique : « Elvio Segatto, l’auteur de cet ouvrage pourrait être lui-même le sujet d’un livre tant sa vie est trépidante, passionnée, riche d’expériences et de connaissances.

S’il est né à Romans en 1922, Albina sa mère et Luigi son père étaient originaires de Udine, région du Frioul en Italie, c’est en 1920 qu’ils rejoignent la France pour fuir le régime.

L’enfance d’Elvio est fortement marquée par le quartier Saint Nicolas à Romans. Il s’y forme à la vie.

Alors que son père aurait souhaité le voir endosser l’habit d’architecte, c’est dans le monde de la chaussure et principalement dans une entreprise romanaise au nom prestigieux que, comme chef de fabrication, il exerce avec talent son métier.

Sa passion pour la spéléologie tout d’abord, avec un ami du Vercors, s’enrichit rapidement d’une énorme soif de découvertes et de connaissances de l’histoire locale, des vieilles pierres et de ce qu’elles racontent. Ardent participant à la création du groupe de sauvegarde du patrimoine avec Jeanne Deval, Laurent Jacquot et Nicolas Casimir entre autres, aucun trou pratiqué dans Romans et ses environs n’a échappé à sa visite ou à ses fouilles.

Qui mieux que lui connaît les couloirs et rayonnages des archives de Romans ou les lieux dépositaires de mémoire ?

Arrivé sur la commune de Chatuzange le Goubet, à Pizançon en 1981, de suite, il fait profiter tous les citoyens de ses merveilleuses connaissances de l’histoire de notre région dans le bulletin municipal de l’époque, dénommé « le Papigoucha ».

Il a fallu le jour du repas des aînés en 2007 et une simple boutade pour qu’il entame la rédaction de ce livre passionnant sur l’histoire et la mémoire de notre commune et de sa contrée.

Je tiens tout d’abord à féliciter Elvio Segatto pour cet exceptionnel travail de recherche afin de rassembler le plus grand nombre d’informations et l’immense talent qu’il a déployé pour écrire cet ouvrage.

Ensuite, je ne peux que le remercier chaleureusement d’offrir à notre commune ce qui lui manquait par-dessus tout : son histoire.

Habiter un territoire aujourd’hui pour des raisons aussi diverses que familiales, professionnelles, géographiques, climatiques et en plus connaître son lointain passé ne peut que renforcer un sentiment d’appartenance, une identité pour ses concitoyens mais également rassurer celles et ceux en mal de repères face à une mondialisation déroutante.

Pour nous avoir permis de connaître nos origines, de nous enraciner à cette terre, à ce pays, à cette commune, de la part de tous les habitants : Merci Elvio ».

 

QUELQUES EXTRAITS DU LIVRE

«… Les Romains s’installent à Chatuzange

On sait qu’au lendemain de la dernière défaite du peuple voconce qui vivait dans notre région, sur la rive gauche de l’Isère, les Romains avaient presque dépeuplé les terres, déporté et vendu comme esclaves à Rome une grande quantité des habitants de la plaine.

Ces terres désertées furent vendues ou, selon l’usage, pour la plupart accordées aux officiers et légionnaires vétérans les plus valeureux. Un de ces privilégiés reçut une de ces terres, située près de Valentia (Valence), sur le territoire du futur Chatuzange, dans la plaine fertile qui s’étend au pied d’un vaste plateau qui sera appelé plus tard Copérum puis Le Cope. Cette plaine fertilisée par une eau abondante portait le nom de Balneorum (appelée bien plus tard par les gens du pays Lous Bagnaux, Bagnols ou Les Bains sur les actes publics).

Aprè avoir défriché le terrain, le Romain construisit une exploitation (villa) dont l’emplacement a été retrouvé.»…..

« …. Fondation de la villa romaine de la Part-Dieu

C’est à la même époque que fut créée la villa romaine dans le quartier appelé aujourd’hui La Part-Dieu. C’est sous Auguste que fut cédé un vaste territoire à un puissant fonctionnaire romain qui y construisit une maison forte, castrum stativum vers Bayanne et la Maladière, véritable poste avancé de la place de guerre Valentia Augusta Julia (Valence), dans une région encore instable, au plus près de la montagne où les incursions étaient le plus à craindre. Protégé par les proches garnisons, un nommé Lucinus entreprit de bâtir une villa non loin de la montagne, à l’emplacement qu’on nommera plus tard La Part-Dieu. Le propriétaire construira d’abord le vaste bâtiment agricole, villa rustica, puis son habitation de maître, le praetorium.

Voici la description de cette grande villa d’après l’étude des lieux effectuée au début du XXe siècle par l’abbé Eugène Monier qui était à l’époque curé de Chatuzange :

« Les ruines encore en place et les pierres extraites, tant par le propriétaire vivant au quartier de Montauban, et les bâtisseurs de l’abbaye de la Part-Dieu, permettent de fixer l’emplacement de la Villa Rustica dont le praetorium était situé dans le champ d’Elie Chabert à environ 60 mètres à l’est. »….

….. «Parce que le fameux trésor de Chatuzange trouvé sur la commune est un ensemble remarquablement bien conservé d’argenterie de luxe de la période gallo romaine, et surtout parce qu’il fut trouvé très près du village actuel, afin de satisfaire l’envie d’en savoir plus des citoyens ordinaires et la curiosité toute naturelle des érudits et des historiens, je me permettrai ici d’imposer au lecteur la description détaillée des diverses pièces d’argenterie mises à jour près des restes de la villa gallo-romaine »…

… « Pourquoi « Chatuzange » ?

Georges Massot, développe les mêmes conclusions à partir du patronyme « Il faut remonter à la période gallo-romaine pour trouver les racines du nom de Chatuzange» à partir d’une recherche toponymique sur les noms modernes des lieux se terminant par An où Ange qui nous indiquent généralement le nom d’anciens domaines ruraux gallo-romains des premiers siècles de notre ère.

A partir du suffixe Anum le latin a créé un autre suffixe domanial = Anicum aboutissant à diverses formes comme « argues » qui a donné Aimargues (en Provence) ou « ange(s) », comme Julianges (Alpes de Haute Provence), ou Chatuzanges (Drôme) dont le « s » final se perdit en 1095, puis réapparut dans des actes ultérieurs, pour disparaître définitivement de nos jours.

Le nom doit provenir de « Catusianicas » (terras) : « les terres de Catusius ». Assurément, c’est un nom celtique formé de la racine « catto », chat, ou de la racine « catu », combat, quoique la seconde version soit la plus plausible, les terres du lieu ayant été probablement occupées par un ancien guerrier. La polémique reste tout de même ouverte »…

… « Des témoins de l’époque racontent le tram

Au Goubet, au début, on arrêtait le tram face à l’entrée de l’école, les paysannes s’apprêtant à prendre le « tacot » pour aller vendre les produits de la ferme au marché du Péage ou de Romans. Mais, tout au long du parcours, on pouvait faire arrêter le train pour y monter (il suffisait de lever le bras) ou en descendre au plus près de chez soi, après en avoir au préalable averti le chauffeur. Parfois, en voyant un piéton solitaire marcher le long de la voie, le chauffeur s’arrêtait pour lui demander s’il souhaitait faire partie des voyageurs »…